OTAN-Participation du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères à la Réunion des ministres des Affaires étrangères (Bruxelles, 6-7 avr. 2022)

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères participera à la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN les 6 et 7 avril à Bruxelles.

Cette réunion sera l’occasion de réaffirmer l’unité et la solidarité des Alliés face à l’agression russe en Ukraine, ainsi que leur détermination à protéger le territoire de l’OTAN.

Le ministre soulignera l’importance d’amener la Russie à déclarer la cessation des hostilités et le retrait des forces russes du territoire ukrainien. Il réitérera l’engagement de la France à soutenir les alliés et partenaires les plus exposés aux actions de la Russie, notamment à travers les contributions françaises au renforcement de la posture de dissuasion et de défense de l’OTAN en Roumanie et en Estonie. Les ministres discuteront de la nécessaire adaptation de cette posture de dissuasion et de défense aux évolutions du contexte stratégique.

La réunion offrira aux ministres l’occasion de définir leurs approches pour la mise à jour du Concept stratégique, un document clé de l’OTAN, que les chefs d’État et de gouvernement adopteront lors du prochain sommet de l’OTAN à Madrid les 29 et 30 juin. À cet égard, le ministre soulignera l’importance d’une coordination étroite entre le Concept stratégique de l’OTAN et la Boussole stratégique récemment adoptée par l’UE, ainsi que l’importance de renforcer la coopération entre l’UE et l’OTAN. Enfin, la réunion ministérielle discutera avec les principaux partenaires de l’OTAN des moyens de préserver un ordre international fondé sur des règles à une époque de confrontation stratégique accrue.

En marge de la réunion de l’OTAN, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères participera à une réunion des ministres des Affaires étrangères du G7. La question du renforcement des sanctions sera abordée dans le cadre des discussions de l’UE relatives à l’impérieuse nécessité d’adopter de nouvelles mesures dès que possible.

Il rencontrera également plusieurs de ses homologues pour discuter de la guerre en Ukraine et de ses conséquences, ainsi que de la nécessité urgente et vitale de finaliser les négociations sur la question nucléaire iranienne.

ONU / République démocratique du Congo-La France condamne avec la plus grande fermeté l’attaque contre la mission de la MONUSCO (06 avr. 2022)

La France condamne avec la plus grande fermeté l’attaque perpétrée hier contre la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) dans la province orientale de l’Ituri, qui a coûté la vie à un soldat de la paix népalais.

Nous présentons nos condoléances aux proches du soldat décédé et aux autorités népalaises. La France salue le dévouement de la MONUSCO et réitère son plein soutien à leur mission. Les responsables de l’attaque doivent être identifiés et tenus responsables de leurs actes.

Les 12 candidats à l’élection présidentielle française

La France vote dimanche au premier tour de l’élection présidentielle avec Emmanuel Macron en quête d’un nouveau mandat face à un défi de l’extrême droite.

Au total, 12 candidats sont en lice, ce qui verra les deux premiers du premier tour s’affronter lors d’un second tour le 24 avril.

L’AFP examine tous les espoirs, du favori Macron à un ancien berger excentrique des Pyrénées.

EXTRÊME DROITE

– Marine Le Pen –

La dirigeante d’extrême droite chevronnée en est à sa troisième tentative pour la présidence après avoir atteint le deuxième tour en 2017, son avenir politique étant largement considéré comme en jeu dans les sondages de cette année.

Plutôt que de tenir des rassemblements tape-à-l’œil, la femme de 53 ans a opté pour une campagne populaire discrète tout en cherchant à se présenter comme plus dominante, modérée et compétente que ses rivaux d’extrême droite-et même elle-même.

– Eric Zemmour –

L’ex-journaliste, expert de la télévision et auteur à succès a un public national important grâce à ses opinions anti-islam et anti-immigration, ce qui lui a permis de s’éloigner du soutien de Le Pen et de la droite dominante.

En tant que nouveau venu politique, l’homme de 63 ans a connu une poussée dans les sondages en octobre dernier, mais les gaffes et son style intransigeant l’ont vu glisser considérablement derrière Le Pen dans les sondages.

– Nicolas Dupont-Aignan

Le chef eurosceptique du parti « Rise Up France » est un maire pugnace d’une banlieue parisienne qui fait des bulles dans la vie publique française tous les cinq ans au moment de l’élection présidentielle.

Il a promis de réprimer la migration et de donner “un coup de pied aux fesses aux paresseux, aux fainéants et aux libres-coureurs”, mais a été largement noyauté par Le Pen et Zemmour.

DROIT

– Valérie Pécresse –

La cheffe de la région Grand Paris en a surpris plus d’un en remportant la primaire du parti conservateur Les Républicains, devenant sa première candidate féminine à une élection présidentielle.

L’ancienne ministre du Budget a accusé Macron de dépenser trop et d’être douce sur la criminalité, mais sa campagne a eu du mal à gagner du terrain et un premier grand rassemblement désastreux en février a entamé sa crédibilité.

CENTRE

– Emmanuel Macron –

Au pouvoir depuis 2017, date à laquelle il a remporté la présidence lors de sa toute première élection, le pro-européen de 44 ans bénéficiait d’une avance confortable dans les sondages, bien que celle-ci ait maintenant glissé à mesure que Le Pen gagne du terrain.

Considéré comme ayant dérivé vers la droite au cours de son mandat, il promet d’autres baisses d’impôts, une réforme des prestations sociales et une augmentation de l’âge de la retraite s’il devient le premier président français réélu en 20 ans.

GAUCHE

– Anne Hidalgo –

Le maire de Paris s’est chargé de tenter de relancer la fortune du Parti socialiste pataud après sa défaite aux élections présidentielles et législatives de 2017.

La douce femme de 62 ans a rarement convaincu et semblait chercher une issue à la fin de l’année dernière, les sondages suggérant qu’elle pourrait avoir du mal à marquer ne serait-ce que deux pour cent.

– Yannick Jadot –

L’ancien militant de Greenpeace espérait transformer le succès fulgurant des Verts aux élections locales il y a deux ans, affirmant que les Français étaient prêts à embrasser une révolution environnementale.

Mais en poussant ce qu’il appelle des politiques pragmatiques pour lutter contre le changement climatique au lieu des solutions plus radicales recherchées par certains dans son parti, il n’a pas réussi à mettre l’environnement au centre de la campagne.

EXTRÊME GAUCHE

– Jean-Luc Mélenchon –

Vétéran de la politique célèbre pour ses tirades contre la mondialisation et les “élites”, l’ancien trotskyste est le plus fort des candidats de gauche et le seul à avoir une chance, même minime, de passer au second tour.

Orateur et débatteur énergique, il prend de l’ampleur, organisant des rassemblements à travers le pays et apparaissant même simultanément à travers la France sous forme d’hologramme.

– Fabien Roussel –

Le leader charismatique du Parti communiste français a vu ses chiffres de sondage à un chiffre tenir bon, bien que son parti reste l’ombre de ses jours de gloire d’après-guerre.

Roussel a promis d’augmenter les impôts des entreprises et des plus hauts revenus ainsi que de nationaliser les grandes banques et les géants de l’énergie.

– Philippe Poutou –

Soi-disant voix des travailleurs et fléau des politiciens professionnels, l’ancien ouvrier de l’usine Ford a insulté ses collègues candidats lors d’un débat télévisé en 2017 et a refusé de participer à une photo commune.

Il se présente pour le Nouveau Parti anticapitaliste avec une campagne promettant de désarmer la police et de reconstruire l’administration publique française.

– Nathalie Arthaud –

Une ancienne enseignante discrète et livresque qui se présente pour le parti de la lutte ouvrière à son troisième mandat à la présidence.

Le trotskyste promet une énorme hausse du salaire minimum, une interdiction des suppressions d’emplois et la retraite à 60 ans, mais comme tous les autres candidats marginaux, il a eu peu d’impact sur la campagne jusqu’à présent.

RURAL

– Jean Lassalle –

Ce député excentrique des Pyrénées du sud-ouest est un ancien berger connu pour son fort accent régional et sa défense passionnée des communautés rurales.

Considéré affectueusement par de nombreux Français, il n’a presque aucune chance à la présidentielle mais conservera probablement son siège au Parlement s’il se présente aux élections de juin.

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Macron: un réformateur abrasif en période de turbulence

Peu de temps après être devenu le plus jeune président de France en 2017, Emmanuel Macron s’est vanté de son tempérament et a clairement indiqué qu’il s’attendait à des ennuis pendant son mandat.

“Je ne suis pas fait pour diriger par temps calme”, a-t-il déclaré à l’auteur Emmanuel Carrere lors d’une visite de l’île française de Saint-Martin, dans les Caraïbes, frappée par l’ouragan en 2017. “Mon prédécesseur l’était, mais je suis fait pour les tempêtes.”

Le commentaire, fait alors qu’il observait des maisons dévastées, s’est avéré prophétique.

Au cours de ses cinq années, des tempêtes étaient attendues, certaines étaient de sa propre fabrication, tandis que d’autres déferlaient à l’horizon à l’improviste.

Après la première année au pouvoir de Macron, marquée par d’importantes réformes fiscales et du marché du travail, il a fait face à certaines des manifestations antigouvernementales les plus violentes depuis les années 1960, lorsque des manifestants vêtus de vestes de sécurité jaunes fluorescentes ont déclenché une révolte nationale contre sa politique.

Depuis le début de 2020, il a lutté contre une pandémie mondiale unique en un siècle alors que le Covid-19 se propageait depuis la Chine, rendant presque toutes les autres activités gouvernementales non pertinentes et mettant fin à ses derniers plans de réforme.

“Nous sommes à un moment de l’histoire de l’humanité où nous avons rarement vu une telle accumulation de crises à court terme”, a-t-il déclaré à un groupe de réflexion fin 2020.

Depuis un mois et demi, après avoir résisté à la présidence américaine déchirante de Donald Trump, il est en première ligne diplomatique pour tenter de mettre fin à l’invasion de l’Ukraine par le président russe Vladimir Poutine.

– « Président des riches »? –

Tout au long de toutes ces crises, celui que le journal Le Monde surnommait “Le Président caméléon”, a souvent confondu les Français.

Ses réformes pro-entreprises, ses discours durs sur la criminalité et sa croyance en des services publics bien financés et une réglementation étatique — “ni de gauche, ni de droite”, dit — il-ont parfois rendu difficile de cerner l’essence du “macronisme”.

En tant que personnalité, encore âgée de seulement 44 ans, il est considéré par les fans comme énergique et audacieux, mais critiqué pour être abrasif et parfois autoritaire.

Ses longues journées de travail et ses demandes tardives sur les ministres ont laissé beaucoup de gens autour de lui épuisés.

“Je pense que je suis arrivé au pouvoir avec une sorte de vitalité, que j’espère avoir encore, avec une envie de bousculer les choses”, a-t-il déclaré à la télévision TF1 dans une interview en décembre.

Ce désir, concède-t-il maintenant, a parfois été la source de ses erreurs, en particulier des commentaires désinvoltes faits aux membres du public qui ont forgé sa réputation d’arrogance et d’insensibilité.

Il a dit un jour à un jardinier au chômage qu’il pouvait « traverser la route et vous trouver un emploi “et a accusé les opposants à ses réformes du marché du travail d’être des”fainéants ».

“Je pense qu’avec certains de mes commentaires, j’ai blessé des gens”, a poursuivi l’ancien banquier d’affaires chez Rothschild and Co lors de son interview à TF1. « Et je pense que vous pouvez faire avancer les choses sans blesser les gens.”

Nicolas Domenach, co-auteur d’un livre récent intitulé  » Macron: Pourquoi tant de haine? »Ces propos, couplés à la décision de Macron de faire des baisses d’impôts pour les riches l’une de ses premières priorités, ont été le carburant des manifestations des “Gilets jaunes” en 2018.

“Non seulement nous avons eu un « président des riches », mais un président de mépris et d’arrogance. Tous ceux à qui nous avons parlé l’ont mentionné”, a déclaré le journaliste et commentateur chevronné. “Il a traversé. C’était comme s’il en était marqué, avec du fer chaud.”

– Réforme –

Malgré des sentiments aussi forts chez les opposants, Macron a toujours conservé un noyau de soutien fidèle, principalement des professionnels de la ville.

Ils admirent ses politiques favorables aux entreprises et son désir de moderniser le vaste système de sécurité sociale français, ainsi que ce qui est largement considéré comme une intelligence et une compréhension inhabituelles des détails de la politique.

En partie grâce à ses réformes et à ses vastes dépenses publiques pendant la pandémie de Covid-19, le chômage est à son plus bas niveau en 14 ans.

« Les gens sont aussi fiers quand ils le voient à l’étranger. Il représente bien la France”, a expliqué Domenach.

Macron croit en une  » diplomatie de l’audace” et il s’est lancé dans la recherche de solutions à des crises allant du programme nucléaire contesté de l’Iran à la guerre civile en Libye, en passant par le conflit russo-ukrainien.

Ses efforts de médiation répétés ont rarement porté leurs fruits-y compris ses dernières tentatives pour convaincre Poutine de ne pas envahir — mais la crise ukrainienne s’est avérée une aubaine pour son rêve d’une Union européenne plus forte et plus unie.

– Vie privée –

La vie personnelle inhabituelle de Macron reste une source de fascination en France, bien que son mariage ne soit plus un sujet de spéculation ouverte, comme c’était le cas avant les élections de 2017 qui l’ont forcé à nier publiquement qu’il était gay.

Il est marié à son ancienne professeur de théâtre Brigitte, qu’il a rencontrée alors qu’il était élève dans une école privée de leur ville natale d’Amiens, dans le nord-est de la France.

De plus de 24 ans son aînée et mère de trois enfants, Brigitte a divorcé de son mari et a commencé une relation avec Macron alors qu’il était à la fin de l’adolescence.

Connue pour avoir adopté à contrecœur les ambitions politiques de son mari, elle a dit un jour qu’elle voulait éviter d’être comme “un vase de fleurs” en arrière-plan lors de fonctions officielles, mais a gardé un profil relativement bas en tant que première dame.

“J’ai appris à ne parler ouvertement à personne, n’importe où et n’importe comment, ce qui est un effort colossal pour moi car je suis très bavarde”, confiait-elle récemment au Figaro.

Si Macron échoue avec sa candidature pour un second mandat — ou réussit et effectue un second mandat jusqu’en 2027, alors qu’il n’aura que 49 ans — sa mère a une idée de ce que son avenir pourrait lui réserver.

“Je suis convaincu qu’il se lancera comme écrivain, qu’il prendra un autre chemin. Ce n’est pas le genre de personne à faire le circuit des conférences internationales”, a déclaré Françoise Nogues à l’écrivain Gaël Tchakaloff pour son livre sur le couple Macron.

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Marine Le Pen: la cheffe de l’extrême droite à la portée de la présidence française

Marine Le Pen s’est battue pendant des années pour faire élire le parti d’extrême droite dont elle a hérité, et semble maintenant avoir une réelle chance de défier le président sortant Emmanuel Macron à la présidence française ce mois-ci.

À moins d’un bouleversement majeur, les sondages suggèrent qu’elle atteindra le second tour le 24 avril contre le centriste après le vote du premier tour de dimanche.

Et cette fois, Macron n’est pas assuré du soutien du front uni traditionnel des électeurs français traditionnels qui a vu Le Pen et son père s’en aller lors des élections précédentes.

Sa bonne performance est en grande partie due à sa capacité à adoucir son image au cours des 11 années où elle a dirigé l’ancien Front national, qu’elle a rebaptisé Rassemblement national (RN) après avoir expulsé son père Jean-Marie en 2015.

Après une raclée humiliante de Macron lors d’un débat télévisé avant les élections de 2017 sur l’Europe et les politiques économiques, Le Pen s’est cette fois concentré sur les questions du coût de la vie face à la hausse de l’inflation.

Mais le détail de son programme a peu changé, y compris des mesures telles que la suppression des avantages de nombreux immigrants, le rejet de la primauté du droit de l’UE et la fermeture de la porte à la plupart des demandeurs d’asile.

L’homme de 53 ans a également bénéficié de la couverture de l’émergence d’Eric Zemmour, un polémiste télévisé explosif qui est toujours plus à droite, et encore plus anti-islam et anti-immigration.

“Nous sommes dans la marge d’erreur pour battre Emmanuel Macron”, a déclaré lundi le président par intérim du Rassemblement national, Jordan Bardella, après les derniers sondages. “La dynamique en faveur de Marine Le Pen n’a jamais été aussi forte.”

Mais le politologue et expert de l’extrême droite Jean-Yves Camus a averti que les derniers points pour amener un candidat à 50% des voix “sont les plus difficiles à gagner”.

– Affaire de famille –

La vie de Le Pen a été marquée par l’héritage de son père ouvertement raciste, un vétéran de la longue guerre d’Algérie qui a finalement conduit à l’indépendance de l’ancienne colonie française.

Les Français contraints de fuir l’Algérie et leurs descendants — les “pieds noirs” – restent une base de soutien cruciale pour le parti dans le sud.

Quand elle était jeune, “ce n’était pas facile pour les gens de sortir avec Marine Le Pen” d’après son nom de famille, a-t-elle déclaré au magazine de célébrités Closer dans une interview visant à présenter une image plus humaine.

“Je me souviens qu’un homme a choisi de rompre avec moi, la pression de son cercle social était si forte.”

Divorcée à deux reprises, elle a déclaré qu’elle était maintenant heureuse d’être célibataire.

Après une formation d’avocate, elle a commencé sa carrière en défendant des immigrants illégaux menacés d’expulsion, mais est ensuite revenue dans le giron familial et au parti de son père.

Sous sa direction depuis 2011, le parti a élargi son attrait auprès des habitants de la ceinture de rouille du Nord de la France, autrefois communiste. Son expulsion de l’aînée Le Pen, qui avait autrefois qualifié les chambres à gaz de l’Holocauste de  » détail de l’histoire”, a également contribué à tempérer son image toxique.

Les années difficiles qui ont suivi la défaite de 2017 ont vu Le Pen purger encore plus de cadres du RN jugés nuisibles à l’image du parti, tandis que sa nièce Marion Maréchal — ancienne députée et figure populaire de l’extrême droite française-a apporté son soutien à Zemmour.

Le nom Le Pen reste suffisamment délicat pour que la plupart des affiches de campagne RN désignent la candidate simplement par « Marine ».

– Programme radical –

Les experts ont averti que les lois que Marine Le Pen dit adopter renverseraient les principes historiques français.

“Ce texte ne représente rien de moins qu’une sortie du cadre constitutionnel dans lequel la France vit depuis la Révolution”, a déclaré l’expert en droit constitutionnel Dominique Rousseau au magazine Challenges.

Les plans de Le Pen incluent une soi-disant” préférence nationale  » pour l’embauche de travailleurs français par rapport aux étrangers, l’exclusion des non-citoyens de certaines prestations sociales et le retrait de certaines parties de la Convention européenne des droits de l’homme.

Cela signifierait “abandonner nos engagements (du traité) et déclencher un Frexit  » — un départ de la France de l’Union européenne — a déclaré Serge Slama, professeur de droit à l’Université de Grenoble.

Pendant ce temps, un contrecoup sur l’admiration professée de Le Pen pour le dirigeant russe Vladimir Poutine, qu’elle a rencontré en 2017, n’a jusqu’à présent pas réussi à se matérialiser malgré la guerre en Ukraine.

“Pour les électeurs contestataires, les affaires internationales, même si elles font partie des préoccupations de tous, ne seront pas le premier point de référence pour leur vote”, a déclaré Anne Muxel, directrice de recherche au Centre de recherche politique de Paris.

Le Pen a réussi à jouer sur “de grandes perturbations dans notre société », a reconnu Emmanuel Macron lundi sur France Inter.

« Tout cela creates crée de la peur. Et ceux qui jouent sur les peurs montent. Je n’ai pas réussi à les ourler”, a-t-il admis.

La France vote alors que le duel serré Le Pen-Macron se profile

La France vote dimanche au premier tour de l’élection présidentielle au cours de laquelle Emmanuel Macron brigue un second mandat face à un défi de renforcement de la dirigeante d’extrême droite résurgente Marine Le Pen.

Dans une élection dont l’issue est cruciale pour l’orientation future de la France et aussi de l’Europe, le premier tour déterminera quels seront les deux candidats au second tour le 24 avril.

Les sondages prévoient que les deux derniers seront Macron et Le Pen, dans une répétition de leur duel de 2017 qui a vu le centriste devenir le plus jeune chef d’État de l’histoire de France.

Alors que les partis socialistes et de droite traditionnels qui ont dominé la politique française au cours des dernières décennies sont confrontés à un quasi oubli électoral, le politicien d’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon devrait arriver troisième, bien qu’il pense qu’il pourrait encore atteindre le second tour.

Mais alors que Macron a battu haut la main Le Pen il y a cinq ans, la militante anti-immigration chevronnée a cherché à se rebaptiser avec une image plus douce et a réduit l’écart avec le président dans les récents sondages d’opinion.

– « Possible de vaincre Macron’ –

Macron est entré en campagne à la dernière minute, affirmant qu’il s’était concentré sur la fin de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, tandis que Le Pen a traversé le pays en cherchant à toucher une corde sensible avec les Français sur des questions d’intérêt quotidien.

Le président n’a abordé son premier grand événement de campagne que samedi, un rassemblement de style concert de rock où il est entré comme un combattant de prix, mais a averti que la défaite contre Le Pen était possible.

« Regardez ce qui s’est passé avec le Brexit et tant d’autres élections: ce qui semblait improbable s’est réellement produit”, a déclaré Macron, faisant allusion notamment à la défaite de Donald Trump face à Hillary Clinton aux élections américaines de 2016.

Macron a reçu un coup de pouce dans les sondages immédiatement après la décision du président Vladimir Poutine d’envahir l’Ukraine, mais au cours des dernières semaines, Le Pen a rongé ce qui semblait autrefois une avance inattaquable.

Un sondage publié lundi par Harris Interactive a montré que l’avance de Macron au deuxième tour était la plus étroite à ce jour, à 51,5% contre 48,5% pour Le Pen.

“Ce que les gens disaient être la réélection automatique d’Emmanuel Macron s’est avéré être une fausse nouvelle », a déclaré vendredi Marine Le Pen.

“Il est parfaitement possible de battre Emmanuel Macron et de changer radicalement la politique de ce pays », a-t-elle ajouté.

D’autres sondages ont crédité Macron d’une marge légèrement plus large mais encore trop proche pour le confort. Un sondage Ifop-Fiducial, également publié lundi, donnait Macron à 53% contre 47% pour Le Pen.

Marine Le Pen a connu une  » forte dynamique en fin de campagne… Le second tour promet d’être beaucoup plus serré qu’en 2017” où Macron l’avait emporté avec plus de 66% des voix, a déclaré Jean-Daniel Levy, directeur chez Harris Interactive.

– ‘Un clan pas un rassemblement’ –

Les enjeux sont énormes, avec Macron promettant de nouvelles réformes de la France s’il remporte un nouveau mandat, et prêt à conserver son statut de numéro un européen après le départ de l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel.

Une présidence Le Pen verrait probablement une position plus ferme de la France sur l’immigration et l’intégration, et soulèverait des questions sur la capacité de Paris à conserver son poids diplomatique mondial dans un monde assombri par l’agression russe.

Elle a cherché à détoxifier son parti de l’héritage de son fondateur et de son père Jean-Marie Le Pen, notamment en le renommant Rassemblement national (RN) au lieu du Front national (FN), mais Macron et ses alliés insistent sur le fait qu’il n’a pas changé.

“Ce n’est pas un rassemblement, c’est un clan”, a déclaré Emmanuel Macron dans un entretien aux journaux régionaux publié lundi.

Alors que le social-démocrate Olaf Scholz a succédé à Merkel, la droite a fait un bond ailleurs en Europe avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le plus proche allié de Poutine au sein de l’UE, obtenant un nouveau mandat lors des élections du week-end.

En cas de victoire, Macron serait le premier président français depuis Jacques Chirac en 2002 à remporter un deuxième mandat après les présidences de la droite Nicolas Sarkozy et du socialiste François Hollande qui se sont soldées par des déceptions d’un mandat.

– Rivaux en difficulté –

Les sondages projettent Macron gagnant le premier tour avec un score dans la vingtaine, suivi de Le Pen puis de Mélenchon.

Le chef de file de l’extrême gauche du parti La France insoumise (LFI), Mélenchon mise sur une poussée tardive alimentée par une réunion inhabituelle mardi soir où il est apparu comme un hologramme simultanément dans 12 villes à travers le pays à partir d’un rassemblement en direct dans la ville centrale de Lille.

« Macron contre Le Pen — ça n’arrivera pas”, a-t-il insisté mardi, affirmant qu’il pourrait même se faufiler au second tour aux dépens de Macron. « Regardez les courbes (des sondages)”, a-t-il déclaré à Sud Radio.

Ailleurs à gauche, les candidats verts et communistes n’ont pas réussi à avoir un impact tandis que la candidate socialiste Anne Hidalgo, la maire de Paris, devrait avoir du mal à atteindre ne serait-ce que deux pour cent.

Valérie Pécresse, la candidate du principal parti de droite Les Républicains, la maison politique des anciens présidents dont Chirac et Sarkozy, apparaît également hors course après une campagne qui n’a jamais trouvé d’élan.

Sarkozy, qui conserve son influence à droite malgré des condamnations pénales dans des scandales de greffe, n’a même pas pris la peine de soutenir Pécresse, un revers majeur pour le chef de la région parisienne.

L’expert d’extrême droite Eric Zemmour a fait une entrée sensationnelle dans la campagne l’année dernière, mais a progressivement perdu du terrain, les analystes affirmant qu’il avait en fait aidé Le Pen en la faisant paraître plus modérée.