Macron sous pression sur les liens Uber

Le président français Emmanuel Macron était sous pression lundi pour expliquer son soutien passé à l’application de taxi Uber alors qu’il était ministre de l’Économie, à la suite de révélations médiatiques qui ont été saisies par les critiques.

Selon des enquêtes menées par des médias, dont le journal français Le Monde et le Guardian britannique, Macron a tenu plusieurs réunions non déclarées avec des dirigeants d’Uber alors qu’il était ministre de 2014 à 2016.

Citant des documents internes et des SMS divulgués, Le Monde a également allégué qu’Uber avait conclu un “accord” secret avec Macron sur la réglementation des services de l’entreprise à un moment où elle bouleversait le marché traditionnel des taxis.

Les députés de l’opposition de gauche et d’extrême droite ont critiqué le président, un ancien banquier d’affaires qui s’est positionné comme un politicien pro-entreprise et pro-innovation lorsqu’il a été nommé ministre de l’Économie.

Macron était “un lobbyiste au service d’intérêts économiques privés étrangers”, a déclaré lundi matin le député d’extrême droite Sébastien Chenu à la radio France Info.

Le président de 44 ans était “un idéologue de la déréglementation, de la mondialisation », a ajouté Chenu.

Le député de gauche dure Alexis Corbière du parti France insoumise a suggéré une enquête parlementaire, ce qui pourrait s’avérer embarrassant pour le dirigeant de 44 ans qui a perdu sa majorité à l’Assemblée nationale le mois dernier.

“C’est très grave l’idée qu’avec ce pacte secret, M. Macron a déréglementé la réglementation de l’industrie du taxi”, a-t-il déclaré à la télévision Publique Sénat. « Quelles leçons faut-il en tirer?

« Évidemment, nous poserons les questions au gouvernement quand nous le pourrons, ainsi qu’une enquête parlementaire”, a-t-il ajouté.

La France insoumise a déposé lundi une motion de censure contre la Première ministre Elisabeth Borne — qui était prévue la semaine dernière — mais elle n’a pas été adoptée.

À l’époque, le prédécesseur socialiste de Macron, François Hollande, était président et lundi, il a nié avoir connaissance de la question.

“Il n’y a jamais eu, au niveau de l’Elysée (présidence), connaissance d’un accord quel qu’il soit. Si c’est ce qui s’est passé, l’Elysée n’y était pas partie prenante”, a déclaré François Hollande au quotidien Libération.

– Uber « partenaire »? –

Selon les rapports, “l’accord secret” impliquait que Macron promette d’aider Uber à contourner la législation introduite en 2014 qui visait à réglementer les nouveaux services de hélage de taxis basés sur des applications.

Le Monde a décrit Macron comme “plus qu’un partisan, presque un partenaire” d’Uber au cours de 17 réunions tenues par lui ou son personnel avec des dirigeants de l’entreprise.

À l’époque, le cabinet faisait face à de multiples enquêtes juridiques sur ses pratiques commerciales qui sapaient le droit du travail français et provoquaient des protestations parfois violentes de la part des chauffeurs de taxi traditionnels.

L’agenda de Macron lundi comprenait une réunion avec les dirigeants des investisseurs multinationaux en France lors du sommet annuel “Choose France” au château de Versailles en dehors de Paris.

La plus importante annonce a été un investissement de 5,7 milliards d’euros (5,8 milliards de dollars) du fabricant de puces franco-italien STMicroelectronics et de GlobalFoundries, basé aux États-Unis.

Environ 180 cadres sont attendus, soit plus que les années précédentes, ce qui a démontré “le très fort intérêt des patrons étrangers après la réélection du président”, a déclaré un collaborateur.

Macron a battu la vétéran d’extrême droite Marine Le Pen pour remporter un deuxième mandat en avril, mais ses alliés n’ont pas réussi à obtenir une majorité parlementaire le mois dernier.

Il doit donner une interview télévisée jeudi pour marquer les célébrations de la fête de la Bastille dans le pays et doit faire face à des questions sur les soi-disant “fichiers Uber”de lundi.

– Emploi –

Contacté par l’AFP, Uber France a confirmé que l’entreprise avait été en contact avec Macron pendant son mandat de ministre.

Les réunions se sont déroulées dans le cours normal de ses fonctions ministérielles, qui couvraient le secteur de la location privée, a-t-il déclaré.

Le cabinet du président a indiqué à l’AFP qu’à cette époque, Macron avait “naturellement” été en contact avec “de nombreuses entreprises impliquées dans la profonde mutation des services intervenue au fil des années évoquées, qui devrait être facilitée par le dénouement de certains verrous administratifs ou réglementaires”.

Macron était un partisan virulent et public d’Uber à son arrivée en France-contrairement à de nombreux collègues du gouvernement socialiste de l’époque.

Il l’a défendu comme fournissant des emplois aux personnes dans les zones à faible revenu et comme un moyen de briser le monopole détenu par les compagnies de taxi.

“Allez à Stains (un quartier défavorisé au nord de Paris) et dites aux jeunes qui y travaillent volontiers pour Uber qu’il vaudrait mieux ne rien faire ou trafiquer de la drogue”, argumentait Macron dans une interview à Mediapart en 2016.

Il a également trouvé du soutien lundi parmi les personnes qui se souvenaient des longues attentes pour les taxis à Paris et dans d’autres villes, ainsi que les chauffeurs qui refusaient de prendre les cartes bancaires comme moyen de paiement.

« Heureusement qu’il y avait des ministres et des élus qui remettaient tout cela en question”, a écrit sur Twitter Hervé Joly, sociologue du groupe de recherche CNRS.

L’enquête sur Uber Files est basée sur une fuite de dizaines de milliers de documents au journal britannique Guardian provenant d’une source anonyme, et a été coordonnée par le Consortium international des journalistes d’investigation.

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Inde-Rencontre entre Mme Catherine Colonna et son homologue indienne (Bali, 08 juil. 2022)

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