L’alliance de Macron en tête du vote au Parlement, majorité incertaine: projections

L’alliance centriste du président français Emmanuel Macron était en bonne voie de remporter le plus grand nombre de sièges au Parlement après le premier tour de scrutin dimanche, selon les projections des instituts de sondage, bien qu’il reste difficile de savoir si elle obtiendra une majorité.

Son alliance Ensemble (Together) a été projetée par quatre firmes pour remporter entre 225 et 310 sièges au deuxième tour du scrutin le 19 juin, avec une nouvelle coalition de gauche terminant deuxième, pour une projection de 150 à 220 sièges.

Macron aurait besoin d’obtenir au moins 289 des 577 sièges de l’Assemblée nationale pour avoir une majorité pour faire adopter une loi au cours de son deuxième mandat de cinq ans.

Les deux groupes ont obtenu environ 25 à 26% du vote populaire qui a vu moins de la moitié des électeurs inscrits voter, ce qui a entraîné un taux de participation record prévu à 52-53%.

Le Rassemblement national d’extrême droite dirigé par Marine Le Pen, qui a perdu contre Macron lors du scrutin présidentiel en avril, a obtenu environ 19% des voix, ce qui pourrait se traduire par 10 à 45 sièges, selon les projections.

Un taux de participation record attendu alors que Macron cherche une majorité au Parlement

Les électeurs français ont évité les élections législatives en nombre record dimanche pour un vote crucial pour le président nouvellement élu Emmanuel Macron, qui a besoin d’une majorité pour faire avancer son programme national.

Le taux de participation était sur le point d’atteindre un niveau record de 47 à 47,5%, selon les projections des instituts de sondage, une tendance que les analystes considèrent comme favorable à la coalition centriste du président alors qu’elle se bat contre une nouvelle alliance de gauche.

“Certains disent que les élections législatives ne sont pas importantes mais ce n’est pas vrai”, a déclaré à l’AFP Arnaud, un ingénieur de 40 ans, alors qu’il votait à Paris. « Si le président n’obtient pas la majorité, il ne peut rien faire.”

Les élections pour les 577 sièges de l’Assemblée nationale de la Chambre basse sont un processus à deux tours, la forme du nouveau Parlement ne devenant claire qu’après le deuxième tour le 19 juin.

La principale compétition est considérée comme opposant des partis centristes alliés à Macron et une alliance de gauche renaissante et nouvellement unifiée dirigée par Jean-Luc Mélenchon qui cherche à contrecarrer ses ambitions.

Le Rassemblement national d’extrême droite de Marine Le Pen vise également à augmenter son nombre de sièges au Parlement de huit, les sondages suggérant qu’il pourrait obtenir de 19 à 44.

Les bulletins de vote font suite aux élections présidentielles d’avril au cours desquelles Macron a obtenu un deuxième mandat, promettant de nouvelles réductions d’impôts, une réforme de l’aide sociale et le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans pour la plupart des gens.

Après une performance lamentable lors de ce vote, la gauche française s’est unie derrière Mélenchon, un ancien trotskyste qui a un programme radicalement différent comprenant l’abaissement de l’âge de la retraite, l’impôt sur la fortune et la hausse du salaire minimum de 15%.

Les sondages d’opinion montrent que l’alliance Ensemble centriste du président (Together) et la coalition NUPES de Mélenchon, composée de socialistes, communistes et Verts, sont au coude-à-coude dans le vote populaire — bien que la répartition réelle des sièges parlementaires dépende de la participation au second tour.

– « Jardiner à la place’ –

Le taux de participation record de moins de 50% devrait confirmer la tendance à la baisse de l’intérêt pour les élections législatives au cours des 20 dernières années.

“Le caractère très personnel de l’élection présidentielle continue d’intéresser les gens, mais il éclipse tous les autres types de scrutin, même l’essentiel qui est l’élection des membres de l’Assemblée nationale”, a déclaré Mathieu Gallard du groupe de sondage Ipsos.

Si la coalition de Macron ne parvient pas à une majorité, cela pourrait conduire à des accords désordonnés, projet de loi par projet de loi, avec les partis de droite au Parlement, voire à un remaniement ministériel indésirable.

Une victoire de l’alliance de gauche-considérée comme improbable par les analystes — signifierait un désastre politique pour le président en agitant le spectre d’une “cohabitation” maladroite — où le Premier ministre et le président sont issus de factions différentes.

Une telle configuration a paralysé la politique française dans le passé, le plus récemment de 1997 à 2002, lorsque le président de droite Jacques Chirac a gouverné en tandem avec le socialiste Lionel Jospin en tant que premier ministre.

– « Je ne peux rien faire’ –

Les sondages ont indiqué que l’alliance de Macron devrait remporter le plus grand nombre de sièges mais n’est en aucun cas assurée de franchir la ligne des 289 pour une majorité absolue.

Alors que Macron et ses alliés de l’Union européenne ont poussé un soupir de soulagement après sa victoire présidentielle solide, bien que peu spectaculaire, contre la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen, les dernières semaines n’ont apporté aucun sentiment de lune de miel.

Les prix de l’énergie et de l’alimentation flambent en France comme ailleurs en Europe, le traitement réservé aux supporters anglais lors de la finale de la Ligue des Champions à Paris a nui à l’image de la France à l’étranger, et Macron a été accusé par l’Ukraine d’être trop accommodant avec la Russie.

Son nouveau Premier ministre Damien Abad a fait face à deux accusations de viol — qu’il a nié avec véhémence — tandis que la nouvelle Première ministre Elisabeth Borne n’a pas encore eu d’impact.

Macron a clairement indiqué que les ministres qui se présentent aux élections-y compris Borne, qui en est à sa première tentative de remporter un siège — devront démissionner s’ils perdent.

Le ministre de l’Europe Clément Beaune, un proche allié de Macron et une influence cruciale sur le Brexit de la France et les politiques plus larges de l’UE, se présente à sa première élection et est considéré comme dans une lutte serrée avec un rival de gauche.

Dans le système français, un candidat a besoin de plus de la moitié des voix le jour même ainsi que du soutien d’au moins 25% des électeurs inscrits dans une circonscription pour être élu dès le premier tour.

Sinon, les deux premiers candidats d’une circonscription, ainsi que tout autre candidat ayant obtenu le soutien d’au moins 12,5% des électeurs inscrits, se qualifient pour le deuxième tour, où le candidat ayant obtenu le plus de voix l’emporte.

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