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  24-09-07
Interview du Président de la République M. Nicolas Sarkozy au New York Times

QUESTION –

Merci de nous recevoir. Nous sommes très honorés que vous nous accordiez cet entretien avant votre départ pour votre première Assemblée Générale et nous vous souhaitons un excellent voyage aux Etats-Unis.


Vous avez expliqué les grandes lignes de votre politique étrangère à vos Ambassadeurs et maintenant et vous abordez votre première Assemblée Générale des Nations Unies. Il y a-t-il une initiative que vous souhaitez évoquer à New York et quels sont vos objectifs pour cette rencontre ?


LE PRESIDENT –

Je veux défendre l'idée que la France militera toujours pour la paix et pour qu'il y ait la paix dans le monde. Je dis la paix pas la stabilité. La stabilité pour moi, ce n'est pas un objectif suffisant. Car la stabilité, cela veut dire qu'on tolère un certain nombre de choses qui ne sont pas forcément tolérables. La paix, on l'aura par le multilatéralisme. Je crois à la légitimité de l'ONU. Nul pays ne peut seul imposer sa loi au monde, c'est la raison pour laquelle je crois que la paix sera le produit du multilatéralisme. Je crois à la justice, parce que la paix, on ne l'aura pas sans la justice et je poserai la question sur les supers bénéfices sur certaines matières premières. Non pas dans un esprit de taxation mais dans un esprit de raison. On ne peut avoir d'un côté les super bénéfices et de l'autre, des super pauvretés. Je crois également que pour qu'il y ait la paix, il faut refuser la démission devant le fait accompli de certaines situations inacceptables. Je pense notamment à l'Iran. Je pense enfin qu'il faut se battre sur les grands principes qui sont des principes universels. Voilà les idées que je souhaite développer aux Nations Unies étant entendu que la France assume ses amitiés sans complexe. Et


justement parce que la France assume sans complexe ses amitiés, elle se réserve de pouvoir tendre la main à tout le monde. Je sais où est ma famille, je sais où sont mes valeurs, je sais ce que sont mes idées, mais je veux, parce que je sais qui je suis, tendre la main à celui qui est différent. Et la spécificité de la France doit être là, un pays qui ne doute pas de ses valeurs, ni de ses alliances mais qui justement, parce qu'il ne doute ni de ses valeurs, ni de ses alliances, a la force de tendre la main à tous sur la planète.

QUESTION –

Vous avez évoqué le nom de l'Iran à propos duquel il y a beaucoup de confusion dans la politique française à ce jour. Vous avez dit, y compris hier soir, que l'Iran doté de l'arme nucléaire est inacceptable.


LE PRESIDENT –

Je le confirme. Les recherches iraniennes sur le nucléaire militaire font courir au monde un grave risque. C'est inacceptable. De même qu'il est inacceptable d'avoir le nucléaire militaire pour la Libye, et le nucléaire militaire pour la Corée du Nord. L'Iran est un grand pays, les Iraniens sont un grand peuple, l'Iran est une grande civilisation, l'Iran a toute sa place à jouer. L'Iran peut accéder au nucléaire civil. L'Iran a un rôle extrêmement important dans la région. L'Iran a mieux à faire que de chercher à se doter d'une arme nucléaire. Je le dis aux dirigeants iraniens sans l'ombre d'une ambiguïté. Je suis prêt à expliquer que pour empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire, il faut renforcer les sanctions. Pour ma part, je ne prononce pas le mot guerre.


[...]

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