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| >> Lutte contre l'antisémitisme, le racisme et la xénophobie | |
| 14 octobre 2002 : Extrait du discours du Président de la République à Troyes (Aube) | |
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(…) Au-delà du rétablissement de la sécurité et de la qualité de vie, l'égalité des chances suppose de donner une nouvelle vigueur à notre modèle d'intégration. Derrière ce mot d'intégration, les réalités sont multiples. Il y a la nécessité d'accueillir dans de bonnes conditions les nouveaux arrivants, ceux qui rejoignent notre pays légalement et qu'il faut aider à mieux s'insérer dans notre société. Je souhaite ainsi, qu'à l'instar de ce qui existe chez certains de nos voisins, chaque nouvel arrivant s'engage dans un véritable contrat d'intégration comprenant notamment la possibilité d'accéder à des formations et à un apprentissage rapide de notre langue. Je sais aussi que, pour beaucoup de jeunes issus de l'immigration, le mot même d'intégration semble totalement dépassé. Et je les comprends. Nés en France, la plupart du temps de nationalité française, ils réussissent en général bien et sont à l'aise dans notre société. Ceux qui rencontrent des difficultés attendent, pour leur part, des réponses à des problèmes concrets : l'accès aux droits, les difficultés à trouver un emploi, à trouver un logement, mais aussi les discriminations et le racisme dont ils sont ou se sentent trop souvent les victimes. Il faut lutter sans faiblesse contre ces manifestations d'intolérance. Il faut aussi rappeler à chacun que l'on n'a pas seulement des droits mais aussi des devoirs et dont le plus essentiel est de respecter les lois de la République. Les fondements de notre République sont solides. Il n'y a aucune raison de penser que nous ne serions plus capables d'assumer nos valeurs et notre destin commun. La République ne saurait se dissoudre dans une mosaïque de communautés. En refusant le communautarisme, il ne s'agit naturellement pas d'ignorer l'existence des communautés. Qu'elles soient culturelles ou religieuses, elles trouvent une protection solide dans cette garantie fondamentale qu'est la liberté d'association. Mais si toutes les communautés ont leur place dans la Nation, aucune ne saurait faire écran entre la République et les citoyens qui la composent et qui composent le peuple français, chacun avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. L'égalité républicaine concerne aussi la pratique des cultes et notamment l'exercice de leur religion par les musulmans, qui doit pouvoir se faire dans de bonnes conditions. Notre tradition de laïcité offre les mêmes garanties à toutes les confessions. Elle est aujourd'hui défendue par toutes les autorités cultuelles de notre pays, qui ont souligné à plusieurs reprises la nécessité de préserver cet élément essentiel de la cohésion nationale et de l'identité française. Sur le plan culturel, j'attache la plus grande importance à ce que nos concitoyens puissent mieux mesurer combien la France a pu s'enrichir, tout au long de son histoire, des apports de ceux qui l'ont, siècle après siècle, et si nombreux, rejointe. J'appelle notamment de mes voeux, et je suis heureux de le dire à Troyes où il y a une tradition culturelle forte et ancienne, l'ouverture au musée du Louvre d'un nouveau département, un département des Arts de l'Islam qui confortera la vocation universelle de la prestigieuse institution, qu'est le Louvre. Le refus des communautarismes ne se conçoit pas sans une lutte contre les discriminations. Au-delà même de celles dont peuvent être victimes les personnes d'origine étrangère, je souhaite qu'une autorité indépendante soit créée pour lutter contre toutes les formes de discriminations qu'elles proviennent du racisme, de l'intolérance religieuse, du sexisme ou de l'homophobie. |