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Né le 7 avril 1944 à Mossenberg, (Rhénanie
du Nord-Westphalie), M. Gerhard Schroeder n'a jamais connu son père, travailleur
dans des foires, tué au combat en Roumanie en 1944. Il a grandi avec sa
mère et ses cinq frères et soeurs. Il a passé sa jeunesse à proximité
d'un terrain de football et acquis à cette époque son goût pour ce sport.
Bon élève, il a dû interrompre ses études à l'âge de 14 ans et occuper
différents petits emplois.
Il a suivi une formation professionnelle commerciale avant de reprendre
le cycle scolaire classique grâce à des cours du soir. Bachelier en 1966,
il a poursuivi ses études de droit à l'Université de Goettingen jusqu'en
1976, date à laquelle il s'est installé à Hanovre pour y exercer la profession
d'avocat.
Entré au parti social-démocrate en 1963, il a occupé de 1978 à 1980 le
poste de président fédéral des jeunes socialistes (Jusos) et incarné une
voie intermédiaire entre les adeptes du "capitalisme monopolistique d'Etat"
et les "réformistes", tout en se livrant à des critiques acerbes du "tournant
à droite" pris par le SPD sous Helmut Schmidt. Son action à la tête de
ce mouvement a contribué à une décrispation des relations entre le parti
et les Jusos.
En 1980, il est devenu député au Bundestag dans la circonscription d'Hanovre.
Elu à la présidence du SPD du Bezirk Hanovre, il a accédé en 1986 à la
direction fédérale du parti et est devenu membre du presidium national
en 1989. Après son échec aux élections régionales de Basse-Saxe en 1986,
il est devenu le chef de l'opposition au Parlement de Hanovre. A côté
de ses activités politiques, il a exercé son métier d'avocat jusqu'en
juin 1990, date à laquelle il a été élu Ministre-Président de Basse-Saxe
et a pris la tête d'un gouvernement de coalition avec les Verts qui a
duré jusqu'en 1994. Il avait considéré que cette coalition régionale n'avait
pas pour vocation la mise au point d'un programme général de gouvernement
et devait plutôt fonctionner sur la base de concessions de détail à l'allié
minoritaire. M.Schroeder était encore, avant le scrutin fédéral de septembre
1998, Ministre-Président de Basse-Saxe (et était à ce titre Président
du Bundesrat depuis près d'un an).
Les résultats obtenus par M. Schroeder aux élections régionales de Basse-Saxe
le 1er mars 1998 lui ont permis d'emporter le 2, sans équivoque et avec
l'appui de M. Lafontaine, qui détenait la présidence du SPD depuis 1995,
l'investiture du parti pour le poste de candidat-Chancelier.
M. Schroeder a conduit son parti à une victoire écrasante le 27 septembre
1998 (40,9 % des voix soit 5,7 % d'avance sur la CDU-CSU), le SPD redevenant
pour la deuxième fois depuis la fin de la guerre le premier parti et participant
pour la première fois à un gouvernement n'incluant pas de représentants
du centre-droit.
L'accord de coalition SPD-Verts conclu le 19 octobre et approuvé dans
les jours suivants par les deux partis, M.Schroeder a été élu Chancelier
le 27 octobre par le Bundestag.
Après que M. Lafontaine ait, le 11 mars 1999, abandonné tous ses mandats
politiques (Ministre, Président du parti, député), M.Schroeder a repris
la fonction de Président du parti lors du congrès du SPD du 12 avril.
Il a conforté sa situation au sein de son parti lors du congrès de Berlin
du 7 au 9 décembre, en atteignant 86,3 % des voix (contre 76 % en avril)
et en obtenant la confirmation du nouveau secrétaire général, M.Müntefering,
mis en place par ses soins au mois de septembre.
Les difficultés affrontées par la CDU, à la suite des révélations de la
fin 1999 sur ses financements occultes, ont placé le Chancelier en position
de force sur la scène politique intérieure. Le fait que les Verts aient
reculé à l'occasion de différents scrutins régionaux tend par ailleurs
à renforcer la suprématie du SPD au sein de la coalition gouvernementale
et à conforter encore davantage la position de M. Schroeder.
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