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Gestion du maintien de la paix au sein de l'ONU

Au sein du Secrétariat des Nations Unies, la planification, le soutien, la supervision et la direction opérationelle des opérations de maintien de la paix sont, pour l'essentiel, confiés au Département des opérations de maintien de la paix (DOMP). Le chef du DOMP, qui a rang de Secrétaire général adjoint, est un Français (M. Bernard MIYET), auquel succédera un autre Français (M. Jean-Marie GUEHENNO) le 1er octobre prochain. Il est assisté de deux Sous-secrétaires généraux, chargés respectivement des opérations et de la planification et du soutien. D'autres services du Secrétariat (Département des affaires politiques, Bureau de la coordination des affaires humanitaires…) ou d'autres agences ou fonds des Nations Unies (PNUD, HCR…) interviennent subsidiairement en matière de maintien de la paix.

Le DOMP dispose d'environ 400 agents, dont 231 cadres experts militaires, policiers et civils. Le coût de fonctionnement au Siège de l'Organisation des services en charge du maintien de la paix (essentiellement le DOMP) est de l'ordre de 50 millions de dollars par an.

Compte tenu de l'augmentation du nombre d'OMP engagées et de leur caractère de plus en plus complexe, les ressources et moyens dont dispose l'Organisation à New York apparaissent très insuffisants. Au sein du DOMP, seulement 32 experts militaires et 9 spécialistes policiers doivent planifier, soutenir, superviser et fournir des directives aux 27 000 militaires et 7 000 policiers des Nations Unies déployés sur le terrain. Au total, seuls 6 agents au Secrétariat suivent l'ensemble des activités de la MINUK au Kosovo, 5 celles de la MINUSIL en Sierra Leone, 7 celles de l'ATNUTO au Timor oriental. Faute de ressources financières et humaines suffisantes, et du fait de l'inadaptation de certaines procédures, l'Organisation n'est pas toujours en mesure d'intervenir rapidement et efficacement.

Un panel d'experts présidé par l'ancien ministre des Affaires étrangères algérien, M. Brahimi, vient de remettre un rapport au Secrétaire général sur les opérations de paix de l'ONU. Il contient d'ambitieuses recommandations visant à renforcer les capacités de l'Organisation à remplir efficacement ses missions de maintien de la paix (cf. fiche suivante). Il souligne notamment que le mandat confié par le Conseil de sécurité aux OMP doit être crédible et accompagné des moyens correspondants (la MINUSIL en Sierra Leone pouvant servir de contre-exemple). Il demande l'augmentation des ressources financières et humaines dont dispose le Secrétariat, particulièrement le DOMP, pour conduire ses activités en matière de maintien de la paix. Il formule enfin plusieurs recommandations devant permettre à l'ONU de déployer une OMP traditionnelle sous 30 jours à compter de l'adoption de la résolution l'autorisant et 90 jours dans le cas d'opérations complexes (de " seconde génération "). La mise en oeuvre de ces recommandations relève, selon les cas, du Secrétaire général, du Conseil de sécurité ou de l'Assemblée générale. Le Secrétariat prépare actuellement un plan de mise en oeuvre qu'il soumettra prochainement aux Etats membres.