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| >> Sommet du millénaire - 55ème session de l'assemblée générale des Nations-Unies | |
| Extraits du rapport du Secrétaire général | |
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Nouveau siècle, nouveaux défis |
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Mondialisation et gouvernance Les bienfaits de la mondialisation sont évidents : croissance plus rapide, niveau de vie plus élevé, meilleures perspectives d’avenir. Toutefois, nous assistons à un retour de bâton, qui s’explique par le fait que ces fruits sont inégalement répartis, et que les lois qui régissent le fonctionnement des marchés mondiaux ne sont pas compensées par la poursuite d’objectifs communs dans le domaine social. (…) Dans ce monde nouveau, de plus en plus de groupes et de particuliers établissent des relations transfrontières auxquelles les États ne sont pas associés. Cet état de fait n’est pas sans dangers. Criminalité, drogues, terrorisme, pollution, maladies, armes, réfugiés et migrants se déplacent bien plus vite et sur une bien plus grande échelle que par le passé. Les gens se sentent menacés par des événements qui se produisent loin de chez eux. Ils sont davantage conscients de l’injustice et de la violence qui sévissent dans des pays lointains et comptent que les États prendront des mesures pour y remédier. Mais les nouvelles technologies leur permettent aussi de mieux se comprendre et d’agir ensemble. Si nous voulons que la mondialisation tienne ses promesses tout en nous préservant de ses effets néfastes, nous devons apprendre à gouverner mieux, et à gouverner mieux ensemble. Gouverner ensemble ne signifie pas instaurer un gouvernement mondial, ni abolir les États-nations. Au contraire, les États doivent être affermis, et tirer leur force les uns des autres en agissant ensemble au sein d’institutions communes fondées sur des règles et valeurs partagées. Ces institutions doivent refléter les réalités de notre temps, y compris en ce qui concerne l’équilibre des forces dans le monde. Elles doivent aussi offrir une tribune où les États peuvent coopérer avec des acteurs non étatiques, notamment avec les entreprises mondiales. Dans bien des cas, l’action de ces institutions devra être complétée par celle de réseaux mondiaux plus souples, capables de répondre plus rapidement à des priorités changeantes. Les disparités de revenus criantes, les conditions misérables dans lesquelles vivent plus d’un milliard de personnes, l’existence de conflits endémiques dans certaines régions et la dégradation rapide du milieu naturel sont autant de symptômes qui montrent que le modèle de développement actuel n’est pas viable, et qu’il faut prendre des mesures pour le corriger.
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Vivre à l’abri du besoin Le monde a enregistré des progrès économiques sans précédent au cours des 50 dernières années. Pourtant, 1,2 milliard d’êtres humains ont moins d’un dollar par jour pour vivre. L’extrême pauvreté, combinée à des profondes inégalités entre les pays et parfois au sein même des pays, fait honte à l’humanité, et ne fait qu’aggraver d’autres problèmes, notamment les conflits. En outre, la population mondiale continue d’augmenter à un rythme rapide, l’accroissement étant concentré dans les pays les plus pauvres. Nous devons prendre des mesures pour diminuer de moitié, d’ici à 2015, le nombre de personnes vivant dans le dénuement, et ce dans toutes les régions du monde. Pour ce faire, il faut agir dans les domaines prioritaires suivants : – Réalisation d’une croissance durable. – Création de possibilités pour les jeunes. – Promotion de la santé et lutte contre le VIH/sida. La recherche médicale doit être réorientée vers les maladies qui affectent 90 % de la population mondiale. – Assainissement des taudis et des bidonvilles. – Intégration de l’Afrique. – Cybercoopération. – Solidarité mondiale.
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Un monde libéré de la peur Les guerres entre États se font plus rares. Toutefois, les conflits internes des 10 dernières années ont fait plus de 5 millions de morts, et ont chassé des dizaines de millions de personnes de chez elles. En même temps, la menace que font peser les armes de destruction massive n’a pas disparu. Lorsque nous pensons aux mesures de sécurité, nous envisageons moins la défense d’un territoire que la protection des populations. Si nous voulons empêcher que des conflits meurtriers n’éclatent, il nous faut agir sur tous les fronts : – Prévention. Les conflits surviennent plus souvent dans les pays pauvres, notamment ceux qui sont mal gouvernés et où existent de fortes inégalités entre groupes ethniques ou religieux. Le meilleur moyen de les prévenir est de promouvoir une croissance économique solide et équilibrée, tout en protégeant les droits de l’homme et les droits des minorités et en adoptant des accords politiques assurant une représentation équitable de tous les groupes. Les trafics d’armes, d’argent ou de ressources naturelles doivent aussi être exposés au grand jour. – Protection des plus vulnérables. Nous devons trouver les moyens de faire mieux respecter le droit international humanitaire et les droits de l’homme, et veiller à ce que les violations patentes ne restent pas impunies. – Intervenir ou non. La souveraineté nationale ne saurait justifier les violations aveugles des droits de l’homme et les tueries. Face à des massacres, il ne faut pas écarter la possibilité d’une intervention armée, autorisée par le Conseil de sécurité. – Renforcement des opérations de maintien de la paix. L’Assemblée du millénaire est invitée à se prononcer sur les recommandations d’un groupe de haut niveau chargé d’examiner tous les aspects des opérations de maintien de la paix. – Ciblage des sanctions. Des études récentes ont été menées pour trouver les moyens de rendre les sanctions plus efficaces grâce à un meilleur ciblage. Le Conseil de sécurité devrait à l’avenir s’en inspirer dans l’élaboration et l’application de régimes de sanctions. – Réduction des armes. Le Secrétaire général exhorte les États Membres à prendre des mesures énergiques en vue de mettre un frein aux transferts illicites d’armes légères et de renouveler leur engagement à réduire la menace que font planer les armes nucléaires existantes et de leur prolifération. |
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Pour un avenir viable Il nous faut d’urgence prendre des mesures pour garantir que les générations futures pourront vivre des ressources de la planète. En recourant à des modes de production non viables, nous sommes en train de dilapider le patrimoine de nos enfants. Les pays riches comme les pays pauvres doivent modifier leurs pratiques. Les bases de l’action ont été jetées en 1992, lors de la Conférence de Rio, et le Protocole de Montréal sur l’élimination des substances qui appauvrissent la couche d’ozone marque une étape importante. Mais, les mesures que nous prenons dans d’autres domaines sont insuffisantes, de trop faible envergure ou arrivent trop tard. Nous devons, avant 2002, relancer le débat et être prêts à agir de façon décisive dans les domaines ci-après : – Faire face aux changements climatiques. Si l’on veut enrayer la menace que constitue le réchauffement de la planète, il faut réduire de 60 % le volume des émissions de gaz carbonique et autres gaz à effet de serre. – Gérer la crise de l’eau. Le Secrétaire général engage les pays à adopter l’objectif proposé par la Conférence ministérielle du Forum mondial de l’eau, qui consiste à réduire de moitié, d’ici à 2015, la proportion de personnes qui n’ont pas accès de façon durable à des sources d’approvisionnement en eau potable à un prix raisonnable. – Protéger les sols. Pour nourrir une population mondiale qui ne cesse de s’accroître, le meilleur espoir réside peut-être dans les progrès de la biotechnologie, mais sa sécurité et son impact sur l’environnement font actuellement l’objet de vives controverses. – Sauvegarder les forêts, les ressources halieutiques et la biodiversité. Il est essentiel de prendre des mesures de sauvegarde dans tous ces domaines. Les pouvoirs publics et le secteur privé doivent s’entendre pour donner effet à ces mesures. – Édifier de nouvelles règles éthiques pour ménager la planète. Le Secrétaire général recommande une action dans les quatre domaines prioritaires suivants: 1. Sensibilisation du public ; 2. Mise en place d’un système de « comptabilité verte », pour intégrer l’environnement aux politiques économiques; 3. Adoption de règlements et de mesures d’incitation; 4. Collecte de données scientifiques plus fiables.
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Rénover l’organisation des Nations-Unies Seule une Organisation forte permettra de résoudre tous ces problèmes. Or, c’est aux gouvernements qu’il appartient de renforcer l’Organisation, notamment en se montrant disposés à collaborer avec d’autres acteurs – secteur privé, organisations non gouvernementales et institutions multilatérales – pour trouver des solutions consensuelles. L’Organisation doit jouer un rôle de catalyseur et stimuler l’action collective. Elle doit aussi tirer pleinement parti des nouvelles technologies, en particulier dans le domaine de l’information.
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. À l’attention des participants au
sommet Il engage le Sommet du millénaire à adopter une série de résolutions, extraites du corps du rapport, qui seront le gage de l’attachement des États-membres à ces valeurs. SEPTEMBRE 2000 |