accueil >> les déplacements >> province
>> Déplacement à Dreux
Extrait du discours de M. Jacques CHIRAC, Président de la République, lors de la présentation des voeux à la Corrèze (Tulle - 13.01.2022).

 

  «Une France forte et douce à ceux qui y vivent, c'est aussi une France
rassurée. La sécurité revêt de multiples visages : sécurité de
l'environnement, sécurité sanitaire et sociale, sécurité des transactions et des échanges. Mais pour tous les Français, la sécurité c'est d'abord la possibilité d'accomplir librement et tranquillement tous les actes de la vie quotidienne, de se déplacer sans crainte, d'envoyer ses enfants à
l'école ou au collège sans inquiétude, c'est tout simplement le droit de vivre en paix dans sa ville, dans son quartier, dans son village, dans sa cité.
Or, de plus en plus souvent, ce droit est remis en question, quand se
multiplient les incivilités et les agressions, quand les agents du
secteur public, conducteurs d'autobus, contrôleurs, du secteur privé, convoyeurs de fonds, et bien sûr les policiers et les gendarmes, sont menacés, quand tout est prétexte à des explosions de violence ou de vandalisme, quand l'école n'est plus un sanctuaire mais le prolongement de la rue où règne souvent la loi des clans. Il y a là une évolution préoccupante, surtout quand on sait que la plupart des délits ne sont même plus signalés, soit par crainte de représailles, soit parce que les victimes n'espèrent plus rien des pouvoirs publics. C'est dire que la violence dans ses formes les plus extrêmes peut se banaliser, que le non-droit peut devenir un droit, revendiqué en tant que tel.
C'est évidemment inacceptable. Il n'est pas acceptable qu'une partie de la population se sente en quelque sorte abandonnée ; que les maires et leurs équipes tentent de mettre en place, dans un grand sentiment de solitude, des solutions ponctuelles ou partielles ; que les chefs d'établissements et les enseignants aient de plus en plus de mal à accomplir un métier qui est presque toujours une vocation ; que ceux qui se dévouent pour le bien-être de la communauté, médecins, infirmières, pompiers, n'osent souvent plus se déplacer, et apporter les secours attendus.
Il est temps de prendre toute la mesure de ce phénomène. Il est temps de trouver des solutions concrètes, portées par la volonté, et surtout la
mobilisation de tous. Ces solutions existent. Elles exigent le dialogue,
la concertation et, les décisions ayant été arrêtées sans démagogie, elles exigent de la détermination et une grande autorité.
Cette réalité d'ailleurs participe d'une tendance, à laquelle nous
devons prendre garde, et qui est celle d'un certain morcellement, possibilité ou risque de morcellement de la France».