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>>Situation en Iraq

29.08.2003 : Extrait du discours du Président de la République lors de la XIe conférence des ambassadeurs

Notre approche vis-à-vis de l'Irak relevait de cette conviction. Pour amener ce pays à respecter ses obligations et renoncer aux armes de destruction massive, nul instrument d'action collective n'était plus justifié ou plus efficace, plus légitime aussi, que les inspections internationales conduites sous l'autorité du Conseil de sécurité et donc approuvées par l'ensemble de la Communauté internationale.

Les nations modernes se sont construites sur la démocratie et sur l'état de droit. Ces valeurs doivent aussi fonder l'ordre international. C'est l'Amérique qui l'a affirmé la première. Il a fallu deux conflits mondiaux pour que cette conviction conduise à l'établissement de l'ONU. Il appartient aujourd'hui aux démocraties de faire de cette vision du monde une réalité. (…)

S'agissant de l'Irak, les développements récents nous confirment que la tâche est complexe et immense. Il en va pourtant de l'avenir des Irakiens, de la sécurité et de la stabilité de la région et de notre capacité collective à traiter les crises qui menacent la paix. Face au risque de chaos, une approche fondée sur la sécurité est nécessaire, mais elle ne suffit évidemment pas. La réponse doit être d'abord politique. Le transfert du pouvoir et de la souveraineté aux Irakiens eux-mêmes constitue la seule option réaliste. Il doit être mis en oeuvre sans délai, dans le cadre d'un processus auquel les Nations Unies seules sont en mesure de donner toute sa légitimité, avec le soutien des pays de la région. C'est une fois ce cadre établi que la communauté internationale pourra apporter un concours efficace et entier à la reconstruction du pays, d'une façon qui doit être définie avec les Irakiens eux-mêmes.

Je voudrais rendre bien sûr, ici, un hommage aux personnels des Nations Unies, si dramatiquement éprouvés par un odieux attentat et je voudrais saluer dans ce cadre la mémoire de cet homme exceptionnel qu'était Sergio VIEIRA de MELLO.

Au-delà, cette partie du monde doit retenir toute notre attention. Creuset de grandes cultures et de civilisations prestigieuses, elle doute et se cherche. Les crises intérieures ou internationales alimentent un trouble profond au sein de populations dans cette région, populations souvent nostalgiques, insatisfaites de leur sort, inquiètes de l'avenir.

Nos destins sont liés. Rien ne serait pire que de laisser ce vaste ensemble, si plein d'énergies et de talents, se définir non pas avec nous, mais contre nous. Nous devons être à ses côtés pour l'aider à surmonter les défis auxquels il est confronté, pour l'aider à offrir à sa jeunesse d'autres perspectives, celles du développement et de la démocratie, de la modernité, de l'ouverture au monde, du dialogue. "