04.10.2003 : Extraits de la conférence de presse du Président de la République à l'issue du sommet européen extraordinaire (Rome)
" QUESTION - Alors que l'on connaît les réserves des Polonais sur certains aspects du projet de Constitution européenne, est-ce qu'il faut voir comme une coïncidence cette annonce que des troupes polonaises auraient trouvé en Irak des missiles Roland III, fabriqués en 2003 ?
LE PRESIDENT - Ce serait évidemment une trouvaille importante, vu que l'on n'en fabrique plus depuis quinze ans. A notre connaissance, s'ils y en avaient qui avaient été fabriqués en 2003, ce serait évidemment un scoopà Non, ce genre d'allégation n'est pas nouveau, vous le savez. Il y a déjà eu des polémiques qui ont été développées sur ce point, et elles se sont avérées totalement fausses. Elles sont aussi fausses aujourd'hui qu'hier. Les faits sont clairs. Il ne peut pas y avoir de missiles de 2003 puisque ces missiles ne sont plus fabriqués, déjà, depuis plus de quinze ans.
Alors, on l'a déjà dit, on le répète une fois de plus. Cela n'a pas beaucoup d'intérêt. Je crois que les soldats polonais ont fait une confusion qui aurait mérité une vérification sérieuse, qui semble-t-il n'a pas été faite. Je l'ai dit très franchement, amicalement mais fermement, au Premier Ministre de la Pologne. (…)
QUESTION - Une question qui ne concerne pas directement la CIG, mais qui concerne tout de même les Européens. Je voudrais savoir si vous aviez un commentaire à faire concernant la deuxième résolution américaine présentée à l'ONU et, dans ce cas, si vous en tiriez déjà des conséquences quant au vote de la France ?
LE PRESIDENT - Nous avons étudié avec beaucoup d'attention le nouveau projet de résolution américain. Je dois dire que nous avons constaté qu'il présente au total assez peu de progrès, par rapport au projet précédent. Je ne vous cache pas que cela a été un peu pour nous une certaine déception. Nous sommes et nous l'avons dit, persuadés que pour réussir la stabilisation et la reconstruction de l'Iraq, il faut une perspective claire pour le transfert de la souveraineté aux Iraquiens, avec un transfert rapide, aussi rapide que possible, des responsabilités et le tout avec un rôle essentiel, moteur, de l'ONU, par conséquent, dans un processus de transition politique. Nous partageons à cet égard les préoccupations qui ont été exprimées à la suite du dépôt de la résolution par le Secrétaire Général de l'ONU. La France est naturellement prête à poursuivre les discussions au Conseil de Sécurité dans un esprit tout à fait ouvert et constructif. Nous sommes sur cette discussion en étroite concertation avec nos partenaires allemand et russe, comme d'ailleurs avec l'ensemble des membres du Conseil de sécurité. "


