| Question
- Peut-on imaginer un avenir pour la France en dehors de l'Europe
?
Le Président - Non ! Regardez les grandes tendances, tout
montre que l'on va vers des ensembles plus grands. Il n'est pas
possible pour un pays d'être tout seul s'il veut rester
grand et fort.
Question - Certains craignent que la monnaie
unique ne limite la souveraineté de la France. Qu'en pensez-vous
?
Le Président - Premièrement, je voudrais vous dire
que, moi, je ne suis pas un idéologue, je suis un pragmatique.
La monnaie unique, qu'est-ce que c'est ? C'est simplement la forme
achevée de la stabilité du change. Or la France
a toujours affirmé la nécessité de changes
stables. La monnaie unique, derrière les passions et les
polémiques des campagnes, c'est en réalité
tout simplement le retour à des changes fixes, ce qui,
à nos yeux, est une nécessité. Cela ne met
pas du tout en cause la souveraineté de la France.
Question - La plupart des pays de l'Union européenne,
dont la France, ne satisfont pas encore les critères de
Maastricht. Ne serait-il pas souhaitable de retarder la mise en
application de la monnaie unique ou d'assouplir les critères
de convergence ?
Le Président - Non, les critères sont ce qu'ils
sont, mais ils expriment simplement la nécessité
d'avoir des comportements de gens responsables et sérieux.
Si bien que, pour ma part, je ne suis pas du tout d'avis de changer
quoi que ce soit. Alors vous dites : "reporter". Je regrette que
la France de 1993 n'ait pas fait comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni,
c'est-à-dire commencé sont effort d'ajustement,
notamment pour diminuer ses déficits. Cela nous oblige
à faire en deux ans et demi ce que les autres ont fait
en cinq ans. Evidemment, c'est beaucoup plus difficile. Surtout
après quatorze ans de gestion laxiste, c'est-à-dire
qui consiste à dépenser plus qu'il n'est raisonnable,
ce qui a fini par accumuler des déficits et des dettes,
qui sont une vraie faiblesse.(...) |