Extraits de l'interview de M. Jacques Chirac,
Président de la République, dans l'émission «7/7»
(TF1) (Palais de l'Elysée -
10 septembre 1995)
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Question - Vous avez parlé de la dissuasion française –qui pourrait être étendue, je schématise, à l'ensemble de l'Europe. Au lieu de consulter les Européens, ne les avez-vous pas mis un peu devant le fait accompli ? et, aujourd'hui, après coup, vous leur dites : «Ah oui, mais notre force de frappe est peut-être votre sécurité de demain». N'est-ce pas un peu désinvolte vis-à-vis de vos alliés ? Le Président - C'est une présentation dont je ne vous laisse pas la responsabilité parce que vous ne l'avez pas faite, mais dont je laisse la responsabilité à ceux qui l'ont présentée. Depuis 15 ans, je milite pour une défense européenne. Je crois qu'on ne peut pas construire l'Europe si celle-ci n'est pas capable de se défendre elle-même. C'est l'Histoire des civilisations qui nous apprend cela. Si nous voulons une défense européenne, nous ne pouvons pas dire : "Nous voulons la défense européenne mais, en cas de drame absolu, nous, nous avons notre petite affaire à nous". Cette thèse était parfaitement
valable il y a quinze ou vingt ans et conforme à l'Europe
de ce temps-là, aux intérêts de la France
de ce temps-là. A partir du moment où on progresse
vers une Défense européenne, il est naturel que
nous ayons, avec nos principaux partenaires, des discussions sur
les modalités permettant d'assurer la sécurité
de l'Europe. Et la dissuasion nucléaire ne peut en aucun
cas être exclue de cela. Donc je dis, avec toute la prudence,
- car ce sont des sujets infiniment délicats, je suis toujours
consterné de voir avec quelle légèreté,
certains les traitent -, avec toute la prudence nécessaire
: "Nous avons engagé, déjà, avec l'Angleterre
il y a un certain temps, avec d'autres partenaires, des discussions
exploratoires. Je n'ai pas découvert cela il y a un mois.
Cela a été commencé avant même que
je sois élu ici. |