Extraits de l'article de M. Jacques Chirac, Président de la République, paru dans le Wall Street Journal (17 février 1999).

(...)Ce début d'année 1999 est marqué par un grand événement : la naissance de l'euro.

Pour la première fois dans l'histoire, des pays viennent de se doter d'un instrument monétaire commun par une volonté politique pacifique et démocratique.

L'euro, les nations européennes l'ont d'abord voulu pour assurer leur croissance, leurs emplois, leur avenir commun. Et non pas, bien sûr, pour concurrencer le dollar, comme on l'écrit parfois. L'Amérique a tout à gagner à une Europe forte, stable et ouverte que nous construisons avec l'euro.

L'euro se définit d'abord comme un instrument de stabilité, puisqu'il fait disparaître les variations de change entre nos pays. Cette stabilité favorisera les échanges au sein de l'Union Européenne, mais aussi entre l'Europe et ses grands partenaires, au premier rang desquels les Etats-Unis.

L'euro va favoriser naturellement la concurrence au sein du marché européen et inciter à une plus grande efficacité, donc à une meilleure compétitivité de nos économies. C'est un atout pour les entreprises américaines qui veulent développer leur présence et leurs investissements en Europe. C'est, pour l'ensemble du monde, un moteur pour les échanges et une garantie pour la croissance.

C'est pourquoi la France entre dans l'euro avec confiance, même si elle sait qu'elle devra renforcer sa compétitivité pour se rendre toujours plus attractive, plus accueillante.

Il faudra plusieurs années pour que l'euro acquiert un statut de monnaie de réserve internationale. Mais, d'ores et déjà, sa naissance change la donne monétaire mondiale.

Le dollar et l'euro vont désormais, avec le yen, être les devises de référence de la grande majorité des transactions financières et, de ce fait, leurs évolutions domineront la scène économique mondiale.(...)