10.03.2003 : Extraits de l'nterview télévisée
du Président de la République
QUESTION - (...) C'est difficile d'avoir une politique étrangère commune, beaucoup plus difficile que la monnaie commune, apparemment ? LE PRESIDENT - Je ne le crois pas. D'abord parce que je n'ai jamais pensé que l'Europe était un chemin de roses. L'Europe, c'est un chemin difficile, escarpé, semé d'embûches. Et vous observerez que, depuis que nous l'avons emprunté, nous avons toujours progressé. Quelles que soient les difficultés et quelles que soient les embûches. Et chaque fois qu'il y a eu crise, nous sommes sortis renforcés dans le processus européen. Je prends l'exemple qui nous occupe aujourd'hui. Nous avons fait des efforts, après le marché unique, après un certain nombre d'autres réformes et après la monnaie unique, pour nous engager sur la voie de la politique étrangère et de défense commune. Nous savions très bien que nous aurions là-encore des difficultés. Elles sont apparues avec l'affaire iraquienne. Je vous rappelle, pour vous donner un exemple, alors que nous prenions à l'évidence deux positions différentes, que les Anglais et nous, nous nous sommes réunis pour notre dernier sommet franco-britannique au Touquet... QUESTION - Voilà quelques semaines maintenant ... LE PRESIDENT - ... Et nous avons constaté
notre divergence de vues sur cette affaire iraquienne et progressé
très sensiblement sur tout un ensemble de décisions,
qui sont passées un peu inaperçues à cause
de la crise iraquienne, mais qui nous ont permis de progresser
sur la voie de la défense commune. QUESTION - Elle est profondément divisée quand même ... LE PRESIDENT - Non, ne le croyez pas ! Vous savez, j'ai une longue expérience de l'Europe. Je connais bien l'Europe. Je sais comment elle fonctionne. Je suis peut-être l'un de ceux qui savent le mieux comment elle fonctionne. Elle ne sera pas du tout divisée, dès que la crise sera terminée. Et elle trouvera dans ce remords de ne pas avoir pu concevoir une position unique une force nouvelle pour arriver à l'objectif qu'elle s'est fixé. C'est toute l'histoire de l'Europe. L'histoire de l'Europe est jalonnée de crises dont chaque fois, elle est sortie renforcée. Et ce phénomène se produira encore. Tout simplement parce que chacun a conscience que, si nous voulons -c'est ce que je vous disais au début- si nous voulons un monde multipolaire où l'Europe compte et existe, il faut qu'elle soit réellement bien associée. Et elle le sera. |