02.05.2002 : Extraits du discours de M. Jacques Chirac à Villepinte (CAMPAGNE ELECTORALE POUR L'ELECTION PRESIDENTIELLE)

Comment peut-on prétendre veiller aux intérêts de la France et des Français et vouloir quitter l'Union européenne ?

L'Europe, c'est l'emploi. Plus des deux tiers de nos exportations vont vers elle. Le travail d'un Français sur quatre dépend d'elle. Quitter l'Union européenne, ce serait détruire des millions d'emplois. Ce serait briser la dynamique de notre économie. Ce serait porter une atteinte irréparable au revenu de nos agriculteurs. N'oublions pas les bienfaits de la politique agricole commune, sur laquelle s'est bâtie la capacité exportatrice de notre industrie agro-alimentaire qui est aujourd'hui au premier rang dans le monde.

Grâce à l'euro, nous vendons plus facilement nos produits et nos services à l'extérieur. Nous évitons la concurrence déloyale que créaient les dévaluations étrangères. Nous bénéficions d'une monnaie stable et de taux d'intérêt bas. Renoncer à l'euro, ce ne serait pas retrouver la souveraineté, mais renouer avec la faiblesse, avec la dépendance, avec l'inflation, avec l'instabilité monétaire, qui ont été notre mal pendant plusieurs décennies.

L'Europe est une force pour la France. Elle accroît notre protection dans tous les domaines. Elle accroît nos marges de manoeuvre. Elle nous ouvre des débouchés.

L'Europe, c'est la paix. Grâce à elle, notre continent a définitivement rompu avec les luttes fratricides qui ont ruiné et endeuillé notre pays dans la première moitié de XXème siècle. Tous ceux qui ont vécu ces déchirements, ces tragédies, connaissent le prix de la paix.

Tous les enjeux du monde moderne nous ramènent vers l'Europe. La mondialisation, qui nous impose de nous regrouper car c'est le seul moyen d'être forts face aux autres grandes puissances économiques. L'environnement, qui nécessite une action collective, car la pollution ne s'arrête pas aux frontières. La sécurité alimentaire, qui implique la mise en place de standards communs. La lutte contre le terrorisme et les grands trafics internationaux. La maîtrise de l'immigration clandestine. La gestion de l'énergie. Le développement de la recherche. La création des grandes infrastructures et des grands projets, Ariane, Airbus, Galileo. Partout, les solutions relèvent d'une politique aux dimensions de notre continent.

Refuser l'Europe, c'est jouer contre la France.

Voilà pourquoi nous devons rejeter l'extrémisme. Au nom de l'image et de l'honneur de la France. Au nom de l'unité de notre nation, au nom des intérêts de chaque Français, à commencer par les plus inquiets et les plus vulnérables. Au nom de l'avenir de la France.